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Le nom de cette famille fait référence
à deux créateurs et à leurs uvres : Didot et
Bodoni, dont la contraction des noms a donné didones.
La venue des didones est inséparable des
révolutions politiques provoquées par l'avènement
de l'Empire. Cependant, les premières tentatives de réforme
de la typographie sont en germe dans les caractères de la fin du
XVIIIe siècle, en particulier dans les recherches de Baskerville,
en Angleterre, et de Fournier, en France.
1789 ne fit donc qu'accélérer une
volonté antérieure. À l'époque de la création
du Didot, une réforme de la typographie officielle était
de toute façon indispensable : pouvait-on en effet imaginer typographier
pour l'empereur comme on le fit pour les rois Louis XV et Louis XVI ?
Il importa donc d'imaginer la typographie de l'Empire, révélatrice
des préoccupations de l'époque nouvelle et de ses évolutions
de style : stricte, intellectuelle, logique, et respectueuse du Canon,
ainsi que la décrit Maximilien
Vox.
L'apparition du Didot fut avant tout permise
par les progrès de la technique de la gravure du poinçon
typographique alors utilisée depuis trois cent ans.
La maîtrise de la typographie au plomb, associée à
l'amélioration des techniques d'impression, autorisa, sans trop
de difficultés techniques, l'usage d'une lettre caractéristique
par ses jeux de graisses et de contrastes entre déliés et
pleins, promesse de la rigueur des graphismes nouveaux.
Comme toujours dans l'évolution des écritures,
l'esprit du temps est fortement présent dans les graphismes, l'écriture
et la typographie. L'élaboration du Code Civil, qui tendit à
organiser la société française, induisit en typographie
l'avènement d'un rythme particulier extrêmement régulier
: le Didot, adopté sous l'Empire, puis sous la Restauration, s'étendit
rapidement aux démocraties du monde entier par l'épurement
de ses formes et l'autorité naturelle qui se dégage de son
graphisme fait de formes pures, d'intersections de lignes se croisant
à angle droit, de pleins
et de déliés
fortement opposés.
Les didones font apparaître une lettre
rigoureuse et statique dont l'architecture générale rappelle
l'organisation apprêtée du Grandjean.
C'est-à-dire monumentale rigide et portée à la symétrie
pour certains éléments. L'alternance régulière
des parties blanches ou légères de la lettre avec les parties
pleines ou noires donne à ces types
leur cadence, leur rythme. Le style de cette typographie, contrairement
aux typographies proches des écritures manuscrites, est à
axe vertical et emprunt de grandeur statique.
Aisément reconnaissable à la finesse
de ses empattements,
il fut utilisé à l'Imprimerie impériale pour l'impression
des Cérémonies du Sacre de Napoléon ainsi
que pour l'impression des grands textes de Racine, Boileau, La Fontaine,
etc.
Le Didot, caractère adopté par les romantiques pour l'opposition
marquée des différentes parties qui le composent, contribua
à la propagation de la nouvelle littérature.
Par ailleurs, le XIXe siècle offrit de
nouvelles possibilités d'expression à travers la publicité
et l'affiche : l'exagération possible des contrastes du caractère
Didot permit le passage d'une typographie uniquement liée au texte
à une typographie d'avantage liée à la visibilité
et au choc optique.
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