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| Jaugeon présidait la commission du même nom qui mit au point le caractère du roi Louis XIV que Philippe Grandjean interpréta en typographie. Dans les années 1900, un caractère portant le nom de Jaugeon fut gravé d'après les études de la commission de 1692. C'est la version la plus fidèle des dessins de Jaugeon, bien que les graphismes du caractère s'en rapprochent plutôt qu'ils ne les reproduisent. | ||
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En typographie, c'est la surface graphique de la lettre, que ce soit sur le poinçon, dans la matrice, sur le plomb ou même encore imprimée sur le papier. |
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Les éditions de John Baskerville (1706-1775) furent si parfaites qu'elles dépassèrent de loin les uvres de ses contemporains ; son travail ne fut pourtant pas reconnu par l'Angleterre du XVIIIe siècle qui continuait à lui préférer l'uvre de William Caslon. John Baskerville, imprimeur, dessinateur de caractères
fut avant tout calligraphe. C'est une réussite dans l'Industrie
du vernis qui lui permit de se consacrer à la typographie dont
il perfectionna tout ce qui ne répondait pas à ses exigences.
Il produisit ainsi des encres d'impression profondément noires,
révolutionna l'encrage et affina le réglage des presses.
Il mit encore au point un procédé de couchage de papier
avec le papetier James Whatman et améliora la qualité du
papier vélin, rendu encore plus lisse en le passant sous des plaques
chauffées.
Cette famille ne comporte presque exclusivement que le caractère Romain du roi ou Grandjean. À la commande de Louis XIV et dans l'atmosphère de l'esprit moderne qui préside aux grandes disciplines du XVIIe siècle, un nouveau caractère susceptible de remplacer le Garamont, dont la création remonte au règne de François 1er, fut créé pour répondre aux nouveaux besoins de perfection des imprimeurs face à la qualité des ouvrages produits à l'étranger, notamment dans les pays du Nord de l'Europe. L'absolue beauté du Romain du roi se devait de surpasser la qualité des productions hollandaises de l'Imprimerie Plantin à Anvers et de rayonner sur toute l'Europe, à l'instar de son mentor. Ce défi fut confié au graveur Philippe Grandjean qui s'inspira de l'étude imposée de l'Abbé Jaugeon dont les travaux, concrétisés par des dessins, ne furent pas précisément suivis. Cependant, Grandjean s'y référa fortement pour graver vingt et un corps complets de caractères et trente - quatre corps d'initiales. À l'image de l'architecture du palais de Versailles, les travaux de Jaugeon font apparaître une grande rigueur dans la construction de chaque signe : la lettre d'imprimerie, jusque - là construite sur des fondements manuscrits et calligraphiques, se trouve précisément dessinée avec règle et compas dans des carrés divisés en 2304 carrés. Emprisonnée de la sorte dans une cage plus que contraignante, la lettre semble refléter les exigences d'un règne codifié à l'extrême : le Romain du roi répond à près d'un siècle d'absolutisme. Heureusement, les travaux de gravure de Grandjean
adaptent intelligemment ces règles nouvelles parfois impossible
à respecter sans outrager celles, fondamentales, de l'il
et de l'équilibre des formes, de sorte que ce caractère
si marquant de son époque constitue la référence
d'une bonne part de la typographie moderne : les Baskerville, Didot, et
autres Bodoni lui doivent beaucoup. |
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