Baskerville, police de caractères, extrait.

Baskerville


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Baskerville

Histoire : un perfectionniste
Utilisation : un accord de style historique
Famille de caractères : les réales

Les éditions de John Baskerville (1706-1775) furent si parfaites qu'elles dépassèrent de loin les œuvres de ses contemporains ; son travail ne fut pourtant pas reconnu par l'Angleterre du XVIIIe siècle qui continuait à lui préférer l'œuvre de William Caslon.

Histoire : un perfectionniste

John Baskerville, imprimeur, dessinateur de caractères fut avant tout calligraphe. C'est une réussite dans l'Industrie du vernis qui lui permit de se consacrer à la typographie dont il perfectionna tout ce qui ne répondait pas à ses exigences. Il produisit ainsi des encres d'impression profondément noires, révolutionna l'encrage et affina le réglage des presses. Il mit encore au point un procédé de couchage de papier avec le papetier James Whatman et améliora la qualité du papier vélin, rendu encore plus lisse en le passant sous des plaques chauffées.
Baskerville dessinait ses propres caractères. On y retrouve l'inévitable influence de la calligraphie anglaise de la fin du XVIIIe siècle. Ceux qu'il fit graver sont néanmoins plus clairs et plus aigus. Achetés par Beaumarchais, puis utilisés dans différentes fonderies françaises, ils furent restitués à l'Angleterre et plus précisément à l'imprimerie de l'Université de Cambridge au 20e siècle par la fonderie Deberny & Peignot, des mains-mêmes de Charles Peignot.
Il est à noter que le Monotype Baskerville, produit en 1924, s'inspire de la lettre Great Printer Type utilisée par Baskerville dans l'ouvrage de 1772 sur Térence. Les ouvrages de Baskerville ont d'ailleurs influencé Didot et Bodoni et sa contribution à la typographie et à l'impression reste d'un intérêt inestimable.

 

Utilisation : un accord de style historique

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Le choix du Baskerville pour une édition contemporaine accorde un privilège à un certain accord de style historique car ce caractère, autrefois parfait caractère d'édition surtout sur des papiers satinés, mais devenu « vieillot » avec ses grands contrastes, demande malgré tout assez d'interlignage. L'italique montre cependant quelques lettres particulièrement élégantes.

 

Famille de caractères : les réales

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Cette famille ne comporte presque exclusivement que le caractère Romain du roi ou Grandjean. À la commande de Louis XIV et dans l'atmosphère de l'esprit moderne qui préside aux grandes disciplines du XVIIe siècle, un nouveau caractère susceptible de remplacer le Garamont, dont la création remonte au règne de François 1er, fut créé pour répondre aux nouveaux besoins de perfection des imprimeurs face à la qualité des ouvrages produits à l'étranger, notamment dans les pays du Nord de l'Europe. L'absolue beauté du Romain du roi se devait de surpasser la qualité des productions hollandaises de l'Imprimerie Plantin à Anvers et de rayonner sur toute l'Europe, à l'instar de son mentor.

Ce défi fut confié au graveur Philippe Grandjean qui s'inspira de l'étude imposée de l'Abbé Jaugeon dont les travaux, concrétisés par des dessins, ne furent pas précisément suivis. Cependant, Grandjean s'y référa fortement pour graver vingt et un corps complets de caractères et trente - quatre corps d'initiales.

À l'image de l'architecture du palais de Versailles, les travaux de Jaugeon font apparaître une grande rigueur dans la construction de chaque signe : la lettre d'imprimerie, jusque - là construite sur des fondements manuscrits et calligraphiques, se trouve précisément dessinée avec règle et compas dans des carrés divisés en 2304 carrés. Emprisonnée de la sorte dans une cage plus que contraignante, la lettre semble refléter les exigences d'un règne codifié à l'extrême : le Romain du roi répond à près d'un siècle d'absolutisme.

Heureusement, les travaux de gravure de Grandjean adaptent intelligemment ces règles nouvelles parfois impossible à respecter sans outrager celles, fondamentales, de l'œil et de l'équilibre des formes, de sorte que ce caractère si marquant de son époque constitue la référence d'une bonne part de la typographie moderne : les Baskerville, Didot, et autres Bodoni lui doivent beaucoup.

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© AE, 2003