Caslon, police de caractères, extrait.

Caslon


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Caslon

Histoire : un type fondateur
Utilisation : un subtile dosage
Famille de caractères : les réales

Le Caslon, typographie fondatrice d'une lignée de graveurs et fondeurs Anglais au XVIIIe siècle, fut adapté aux nouvelles techniques d'impression au début du XXe siècle.

Histoire : un type fondateur

Le Caslon fut créé en 1725 par l'Anglais William Caslon, alors fondeur depuis 1720, qui débuta en tant que graveur d'armes. Il devint graveur de poinçons typographiques vers 1720 pour William Bowyer, imprimeur et éditeur, et fut le premier d'une lignée de graveurs et fondeurs jusqu'à 1874, à la mort du dernier des Caslon. La fonderie poursuivit ses activités malgré son rachat par Stephenson Blake & Co en 1936, puis jusqu'à la fermeture de cette dernière.

 

Utilisation : un subtil dosage

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Le premier spécimen de caractères de William Caslon date de 1734. Les types qu'il gravait s'inspiraient des caractères que les imprimeurs anglais se fournissaient en Hollande.

Comme pour tous les caractères destinés à la technique du plomb, Caslon tenait compte de l'engraissement de l'œil de la lettre lors de son impression. C'étaient le mouillage du papier et un foulage important qui renforçaient alors l'empreinte imprimée et qui portaient le caractère à la graisse voulue. L'avènement de papiers mécaniques plus secs modifièrent cet effet et provoquèrent une impression légère et trop fine.

Le caractère Caslon fut gravé pour la monotype en 1911 et connut une version italique produite par American Typefounders qui la dota de lettres swash. Intertype possède également une version de 1960. Un caractère numérique fut redessiné en 1982 par Kris Holmes, calligraphe et conceptrice Américaine de caractères.

 

Famille de caractères : les réales

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Cette famille ne comporte presque exclusivement que le caractère Romain du roi ou Grandjean. À la commande de Louis XIV et dans l'atmosphère de l'esprit moderne qui préside aux grandes disciplines du XVIIe siècle, un nouveau caractère susceptible de remplacer le Garamont, dont la création remonte au règne de François 1er, fut créé pour répondre aux nouveaux besoins de perfection des imprimeurs face à la qualité des ouvrages produits à l'étranger, notamment dans les pays du Nord de l'Europe. L'absolue beauté du Romain du roi se devait de surpasser la qualité des productions hollandaises de l'Imprimerie Plantin à Anvers et de rayonner sur toute l'Europe, à l'instar de son mentor.

Ce défi fut confié au graveur Philippe Grandjean qui s'inspira de l'étude imposée de l'Abbé Jaugeon dont les travaux, concrétisés par des dessins, ne furent pas précisément suivis. Cependant, Grandjean s'y référa fortement pour graver vingt et un corps complets de caractères et trente - quatre corps d'initiales.

À l'image de l'architecture du palais de Versailles, les travaux de Jaugeon font apparaître une grande rigueur dans la construction de chaque signe : la lettre d'imprimerie, jusque - là construite sur des fondements manuscrits et calligraphiques, se trouve précisément dessinée avec règle et compas dans des carrés divisés en 2304 carrés. Emprisonnée de la sorte dans une cage plus que contraignante, la lettre semble refléter les exigences d'un règne codifié à l'extrême : le Romain du roi répond à près d'un siècle d'absolutisme.

Heureusement, les travaux de gravure de Grandjean adaptent intelligemment ces règles nouvelles parfois impossible à respecter sans outrager celles, fondamentales, de l'œil et de l'équilibre des formes, de sorte que ce caractère si marquant de son époque constitue la référence d'une bonne part de la typographie moderne : les Baskerville, Didot, et autres Bodoni lui doivent beaucoup.

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