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de l'Imprimerie nationale |

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Le Garamont de l'Imprimerie nationale, dont nous vous proposons ici le commentaire, s'orthographie avec un « T » contrairement à tous les caractères portant ce nom qui s'écrivent avec un « D ». Caractère souvent cité pour son élégance, le Garamont occupe une place de choix dans l'impression d'ouvrages de bibliophilie.
Imitation du célèbre caractère gravé par Claude Garamond au XVIe siècle, le Garamont de l'Imprimerie nationale est aussi connu sous le nom de Romain de 1'Université. Il est issu des matrices authentiques des corps 18,
24 et 36, achetées en 1641 par Sébastien Cramoisy, premier
directeur de l'Imprimerie royale, à Jean Jannon, imprimeur et graveur. Remis à l'honneur à l'occasion de 1'Exposition universelle de 1900, le Garamont de 1'Imprimerie nationale fut complété de douze corps en romain et italique, gravés sous la conduite du graveur Hénaffe et terminés en 1904.
Le Garamont servit à la constitution du fonds typographique national lors des débuts de l'Imprimerie royale en 1640 à la galerie du bord de l'eau au Louvre, son premier lieu d'accueil. Il fut utilisé pour l'Impression de l'Instruction du Chrétien en 1642 . Il fut également employé dans un grand nombre d'ouvrages de grande qualité illustrés par des artistes de renom, tel le Parallèlement de Verlaine, illustré par Bonnard en 1900, ouvrage qui marque le début de la bibliophilie en France. Ce caractère, d'une grande élégance, un peu frêle, est magnifiquement épaulé dans les textes par son italique vigoureuse dont les variations de pente, parfois critiquées, donnent une couleur typographique particulièrement agréable.
Les garaldes tiennent leur nom de deux grands créateurs de caractères du XVIe siècle : le Français Garamont, et l'Italien Alde. Cette famille de caractères, typiques de la Renaissance, présente une meilleure définition que les caractères humanes. L'élégance des garaldes en précise les grandes lignes : si de plus grandes finesses constituent leur ossature, certaines caractéristiques des humanes disparaissent avec les garaldes. Ainsi, en bas - de - casse, la barre oblique du « e » s'horizontalise et s'élève, le « a » gagne une larme ou une goutte, le « z » récupère une traverse pleine. En capitale, le « M » et le « A » perdent leurs empattements supérieurs. La création des caractères garaldes,
comme le Garamont de 1510 à 1530 et plus précisément
leur production, furent motivées par la rénovation d'une
typographie rustique humane. Ces nouveaux caractères devaient servir
la volonté politique de transmission du savoir sous le règne
de François 1er. Ils sont l'adaptation graphique parfaite pour
la transcription de la langue française que les grammairiens, tel
Robert Estienne, commencaient alors de régir. Dans la famille des garaldes, on retrouve le Galliard.
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