Gill


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Gill

Histoire : un designer industriel
Utilisation : le caractère du Bescherelle
Famille de caractères : les linéales

Le caractère Gill est la première création de caractères de Éric Gill, concepteur de polices et designer qui s'éteignit en 1940 après un parcours éclectique et moderne.

Histoire : un designer industriel

Le Gill porte le nom de son créateur Éric Gill, sculpteur, graphiste et concepteur de polices, né en 1882 à Brighton, en Angleterre. Le travail de Gill est placé sous le signe de la diversité et du design. À ce titre, il fut nommé Royal Designer for Industry en 1936.

Après un bref séjour dans un cabinet d'architecte, Éric Gill donna des cours de calligraphie à la Central School of Arts and Crafts de Londres. En 1905, il quitta l'Angleterre pour Leipzig où il réalisa des maquettes de livres et des lettrines pour divers éditeurs allemands, dont Insel et les Ashedene Press.

Il retourna définitivement en Grande Bretagne en 1907 dans laquelle il se déplaça au gré de ses activités : sculptures sur pierre, entre autres pour l'immeuble de la BBC à Londres, travaux plastiques pour le chemin de croix de la cathédrale de Westminster, lettrines, illustrations et une fonte spéciale pour les textes de la Golden Cockerell Press de 1925 à 1931, travaux pour le siège de l'Administration du métro londonien, illustrations de la dernière édition de la revue The Fleuron en 1930.
Il dessina même en 1937 un timbre qui resta quinze ans en circulation ! En 1939, il fut appelé à réaliser des stèles pour le bâtiment de la Société des Nations à Genève.

Concepteur du Gill sans de 1927 à 1930, il dessina plusieurs autres caractères entre 1929 et 1934, dont le Golden Cockerell Roman, le Perpetua, le Solus, le Joanna, le Aries, le Foriated Capitals, le Bunyan, le Pilgrim ainsi que le Jubilee.

 

Utilisation : le caractère du Bescherelle

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Ce caractère doit quelque chose aux lettres dessinées par Edward Johnston pour le Underground Railways, le métro londonien, en 1918. D'une manière générale, ils sont plus compacts que les caractères des versions germaniques.

Le Gill fait partie de ces caractères des années 30, connus par les imprimeurs pour leur modernité et leur abilité à remplacer les caractères à empattements. Grâce à eux, on pouvait enfin rénover la typographie et remplacer le Garamont par une linéale souple, bien dessinée et largement diffusée. Malgré cela, pas plus que les autres linéales, les caractères apparentés au Gill ne furent employés pour les textes de roman, du moins dans les pays dits « latins ».

Le graphiste Laurent Ungerer utilise quant à lui le Gill dans la grammaire Bescherelle - dans les textes courants pour énoncer la règle et la commenter - parce que son dessin associe la simplicité des formes géométriques à une vivacité du trait qui rend sa lecture fluide et agréable.

 

Famille de caractères : les linéales

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Les caractères de cette famille semblent être les plus simples à dessiner, en réalité il n'en est rien. S'ils laissent apparaître, la plupart du temps, une graisse uniforme, verticalement ou horizontalement, les dessinateurs qui ont procédé à sa mise au point ont en réalité opéré une modification de l'épaisseur des pleins et des déliés afin qu'optiquement ceux-ci semblent égaux et qu'ils s'harmonisent en un dessin équilibré.

Dès l'antiquité grecque, puis romaine, la gravure lapidaire fit appel à cette catégorie de lettres en capitales. Au XIXe siècle, le développement de la lithographie en augmenta l'utilisation par la facilité des affichistes à dessiner des caractères qu'ils croyaient simples.

Au début des années 1920, les travaux des artistes du Bauhaus bannirent tout esthétisme et tendirent vers le fonctionnalisme, mélangeant architecture et typographie qu'ils traitèrent de la même manière en adoptant des modèles qui leur semblaient dénués de caractéristiques culturelles.
Un complément bas-de-casse fut apporté aux capitales qui poursuivit ce but unique de créer une typographie universelle, propre à remplir toutes les fonctions. Le choix de l'adoption de ce caractère semblait alors dicté par des désirs de mondialisation culturelle.

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© AE, 2003