de l'Imprimerie nationale

Grandjean de l'Imprimerie nationale (France), police de caractères, extrait.

Grandjean


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Grandjean

Histoire : un chemin tout tracé
Utilisation : « servir au plus magnifique ouvrage
qui ait jamais paru »

Famille de caractères : les réales

Le Grandjean ou Romain du roi, dont 21 corps furent gravés entre 1693 et 1745, fut le seul employé à l'Imprimerie royale jusqu'en 1811.

Histoire : un chemin tout tracé

Profitant du projet de Colbert, une description des métiers, Jean Anisson, directeur de l'Imprimerie royale, décida de renouveler la typographie royale. Il participa pour cela à la Commission Jaugeon, chargée d'établir le dessin des lettres.

Pour leur exécution, il fit appel à Philippe Grandjean, graveur et conservateur de la fonderie royale. Ce dernier s'adjoignit pour ce travail Jean Alexandre, son élève, qui lui succéda en 1723. Plus tard, Louis Luce, gendre d'Alexandre, compléta le Grandjean d'un corps 4, la Perle, et surtout d'un corps d'initiales de 120 points.

Grandjean fit œuvre originale en interprétant les dessins de la Commission avec beaucoup de bonheur pour l'harmonie de son caractère, consultant ses yeux, « juges souverains du goût », plutôt que les compas de Jaugeon et de ses associés qui avaient enfermé les caractères dans des carrés de 2304 petits carrés, pour les lettres capitales romaines, par exemple. Toutefois l'empreinte classique du modèle, comparable a celle de la colonnade du Louvre ou plus justement du château de Versailles, fut respectée.

 

Utilisation : « servir au plus magnifique ouvrage
qui ait jamais paru »

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Par rapport au Garamont, le Grandjean apparaît comme réglé, avec ses empattements plus fins, presque sans transition avec les verticales qu'ils arrêtent.
Conçu comme une architecture, il se détache de la calligraphie dans sa juste proportion, sa régularité et son uniformité. Les empattements horizontaux supérieurs obligèrent Grandjean à distinguer par une sécante le « l » bas-de-casse du « I » capitale, surtout pour la redistribution des plombs.

Ce petit trait devint le signe distinctif des caractères de l'Établissement d'État. Le Grandjean, appelé aussi Romain du roi, était destiné à « servir au plus magnifique ouvrage qui ait jamais paru », les Médailles sur les principaux événements du règne de Louis le Grand (1702).

 

Famille de caractères : les réales

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Cette famille ne comporte presque exclusivement que le caractère Romain du roi ou Grandjean. À la commande de Louis XIV et dans l'atmosphère de l'esprit moderne qui préside aux grandes disciplines du XVIIe siècle, un nouveau caractère susceptible de remplacer le Garamont, dont la création remonte au règne de François 1er, fut créé pour répondre aux nouveaux besoins de perfection des imprimeurs face à la qualité des ouvrages produits à l'étranger, notamment dans les pays du Nord de l'Europe. L'absolue beauté du Romain du roi se devait de surpasser la qualité des productions hollandaises de l'Imprimerie Plantin à Anvers et de rayonner sur toute l'Europe, à l'instar de son mentor.

Ce défi fut confié au graveur Philippe Grandjean qui s'inspira de l'étude imposée de l'Abbé Jaugeon dont les travaux, concrétisés par des dessins, ne furent pas précisément suivis. Cependant, Grandjean s'y référa fortement pour graver vingt et un corps complets de caractères et trente - quatre corps d'initiales.

À l'image de l'architecture du palais de Versailles, les travaux de Jaugeon font apparaître une grande rigueur dans la construction de chaque signe : la lettre d'imprimerie, jusque - là construite sur des fondements manuscrits et calligraphiques, se trouve précisément dessinée avec règle et compas dans des carrés divisés en 2304 carrés. Emprisonnée de la sorte dans une cage plus que contraignante, la lettre semble refléter les exigences d'un règne codifié à l'extrême : le Romain du roi répond à près d'un siècle d'absolutisme.

Heureusement, les travaux de gravure de Grandjean adaptent intelligemment ces règles nouvelles parfois impossible à respecter sans outrager celles, fondamentales, de l'œil et de l'équilibre des formes, de sorte que ce caractère si marquant de son époque constitue la référence d'une bonne part de la typographie moderne : les Baskerville, Didot, et autres Bodoni lui doivent beaucoup.


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