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| Jaugeon présidait la commission du même nom qui mit au point le caractère du roi Louis XIV que Philippe Grandjean interpréta en typographie. Dans les années 1900, un caractère portant le nom de Jaugeon fut gravé d'après les études de la commission de 1692. C'est la version la plus fidèle des dessins de Jaugeon, bien que les graphismes du caractère s'en rapprochent plutôt qu'ils ne les reproduisent. | ||
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| En typographie, c'est la surface graphique de la lettre, que ce soit sur le poinçon, dans la matrice, sur le plomb ou même encore imprimée sur le papier. | ||
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Lettres minuscules. Cette appellation vient du
mot "casse" qui désigne le tiroir servant à
ranger les caractères en plomb. La casse, divisée en petits
compartiments (cassetins), comprend deux parties : une pour les capitales,
une pour les minuscules. |
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Le Jaugeon, que l'on appelle aussi Hénaffe en référence à son graveur, se rapporte aux plans de la Commission Jaugeon qui furent tracés pour le Romain du roi plus de deux cent ans auparavant. La mouture du 20e siècle, plus fidèle aux travaux de Jaugeon dont la rigueur géométrique avait été estompée autrefois, tend à prouver que mathématique et esthétique peuvent être harmonieusement conjuguées. En 1675, Colbert invite l'Académie des sciences à décrire « toutes les machines en usage dans la pratique des arts », vaste projet encyclopédique qui aboutit finalement à ceux du XVIIIe siècle. Les premiers travaux concernèrent l'Imprimerie et donnèrent lieu à L'Étude des Arts de construire les caractères, de graver les poinçons de lettres, d'imprimer les lettres... par l'abbé Jaugeon, en 1696. Dès 1692, la Commission Jaugeon établit une théorie mathématique et géométrique qu'illustre une série de dessins gravés sur cuivre par Simoneau sur lesquels chaque lettre est inscrite dans une grille carrée de 2304 petits carrés (48 X 48) pour les capitales romaines, de 2688 (16 X 48) pour les bas-de-casse, et dans des carrés déformés pour les italiques et qui devait mener au futur caractère de Louis XIV, le Grandjean. Arthur Christian, directeur de l'Imprimerie nationale de 1895 à 1906, voulut démontrer que les dessins de cette commission n'étaient pas que pure théorie mathématique et géométrique, mais aussi une uvre esthétique parfaitement justifiée. Pour cela, il demanda à Hénaffe, graveur officiel de l'Établissement et à ses collaborateurs, de reproduire avec exactitude les dessins de la Commission. Le résultat, grâce aux rectifications d'Hénaffe, est satisfaisant.
Le Jaugeon, parfois appelé le Hénaffe, a une grande rectitude. I1 a des lettres grasses, d'assise robuste et solide. Entre 1903 et 1905, douze corps romains et italiques furent gravés. La première utilisation du Jaugeon date de 1905 pour la composition des Nuits d'Alfred de Musset que l'éditeur Louis Conard confia a l'Imprimene nationale.
Cette famille ne comporte presque exclusivement que le caractère Romain du roi ou Grandjean. À la commande de Louis XIV et dans l'atmosphère de l'esprit moderne qui préside aux grandes disciplines du XVIIe siècle, un nouveau caractère susceptible de remplacer le Garamont, dont la création remonte au règne de François 1er, fut créé pour répondre aux nouveaux besoins de perfection des imprimeurs face à la qualité des ouvrages produits à l'étranger, notamment dans les pays du Nord de l'Europe. L'absolue beauté du Romain du roi se devait de surpasser la qualité des productions hollandaises de l'Imprimerie Plantin à Anvers et de rayonner sur toute l'Europe, à l'instar de son mentor. Ce défi fut confié au graveur Philippe Grandjean qui s'inspira de l'étude imposée de l'Abbé Jaugeon dont les travaux, concrétisés par des dessins, ne furent pas précisément suivis. Cependant, Grandjean s'y référa fortement pour graver vingt et un corps complets de caractères et trente - quatre corps d'initiales. À l'image de l'architecture du palais de Versailles, les travaux de Jaugeon font apparaître une grande rigueur dans la construction de chaque signe : la lettre d'imprimerie, jusque - là construite sur des fondements manuscrits et calligraphiques, se trouve précisément dessinée avec règle et compas dans des carrés divisés en 2304 carrés. Emprisonnée de la sorte dans une cage plus que contraignante, la lettre semble refléter les exigences d'un règne codifié à l'extrême : le Romain du roi répond à près d'un siècle d'absolutisme. Heureusement, les travaux de gravure de Grandjean adaptent intelligemment ces règles nouvelles parfois impossible à respecter sans outrager celles, fondamentales, de l'il et de l'équilibre des formes, de sorte que ce caractère si marquant de son époque constitue la référence d'une bonne part de la typographie moderne : les Baskerville, Didot, et autres Bodoni lui doivent beaucoup.
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