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| En typographie, c'est la surface graphique de la lettre, que ce soit sur le poinçon, dans la matrice, sur le plomb ou même encore imprimée sur le papier. | ||
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L'uvre graphique de Luce regroupe six mille poinçons, gravés de 1740 à 1770. Elle n'est autre que « le fruit des quelques loisirs que les travaux de l'Imprimerie royale laissèrent à son auteur », nous dit lui - même le graveur. L'uvre graphique réalisée par Louis - René Luce, graveur du roi Louis XV, fut conçue uniquement par amour de l'art nous dit lui - même Luce : avec ses six mille poinçons, gravés de 1740 à 1770, elle est en effet « le fruit des quelques loisirs que les travaux de l'Imprimerie royale laissèrent à son auteur ». Acquise en totalité par le roi Louis XV en 1773, la typographie de Luce comprend, en dehors des sept corps de caractères d'écriture, de huit corps d'initiales, de vignettes isolées et de nombreux ornements formés d'éléments mobiles, quinze corps de « types poétiques ». De ces alphabets, demeurés inédits durant deux siècles, le corps 20, dit « Palestine », le corps 12, dit « Saint Augustin » et le corps 14 ont été reconstitués respectivement en 1955 et en 1963, puis gravés d'après les poinçons d'origine par Jacques Camus, Louis Gauthier et Christian Paput, graveurs attachés au grand Établissement d'État.
La typographie de Luce est assez comparable au Grandjean bien qu'une différence importante de chasse les distingue. En effet, ces caractères sont beaucoup plus étroits que le Grandjean et permettent d'imprimer des lignes comportant davantage de caractères à la ligne sans avoir à baisser la force de corps. Ce qui explique ses possibilités d'utilisation pour des poèmes dont les vers un peu longs auraient requis un caractère d'un corps inférieur. D'autre part, au vu de ses travaux, on peut penser que Luce était surtout attiré par la gravure des vignettes décoratives et autres trophés. Aussi la gravure de ses caractères ne présente-t-elle pas la même rigueur que celle des travaux de ses prédécesseurs ni la même qualité de gravure que ses vignettes.
Cette famille ne comporte presque exclusivement que le caractère Romain du roi ou Grandjean. À la commande de Louis XIV et dans l'atmosphère de l'esprit moderne qui préside aux grandes disciplines du XVIIe siècle, un nouveau caractère susceptible de remplacer le Garamont, dont la création remonte au règne de François 1er, fut créé pour répondre aux nouveaux besoins de perfection des imprimeurs face à la qualité des ouvrages produits à l'étranger, notamment dans les pays du Nord de l'Europe. L'absolue beauté du Romain du roi se devait de surpasser la qualité des productions hollandaises de l'Imprimerie Plantin à Anvers et de rayonner sur toute l'Europe, à l'instar de son mentor. Ce défi fut confié au graveur Philippe Grandjean qui s'inspira de l'étude imposée de l'Abbé Jaugeon dont les travaux, concrétisés par des dessins, ne furent pas précisément suivis. Cependant, Grandjean s'y référa fortement pour graver vingt et un corps complets de caractères et trente - quatre corps d'initiales. À l'image de l'architecture du palais de Versailles, les travaux de Jaugeon font apparaître une grande rigueur dans la construction de chaque signe : la lettre d'imprimerie, jusque - là construite sur des fondements manuscrits et calligraphiques, se trouve précisément dessinée avec règle et compas dans des carrés divisés en 2304 carrés. Emprisonnée de la sorte dans une cage plus que contraignante, la lettre semble refléter les exigences d'un règne codifié à l'extrême : le Romain du roi répond à près d'un siècle d'absolutisme. Heureusement, les travaux de gravure de Grandjean adaptent intelligemment ces règles nouvelles parfois impossible à respecter sans outrager celles, fondamentales, de l'il et de l'équilibre des formes, de sorte que ce caractère si marquant de son époque constitue la référence d'une bonne part de la typographie moderne : les Baskerville, Didot, et autres Bodoni lui doivent beaucoup.
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de l'Imprimerie nationale |
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