de l'Imprimerie nationale

Marcellin Legrand de l'Imprimerie nationale, police de caractères, extrait.
Marcellin Legrand italique de l'Imprimerie nationale, police de caractères, extrait.

Marcellin Legrand


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Marcellin Legrand

Histoire : un renouvellement de la typographie royale
Utilisation : des ouvrages savants à la monotype
Famille de caractères : les didones

Le Marcellin Legrand doit certainement ces divers noms - « Types de Charles X », « Marcellin Legrand nouvelle gravure » ou encore « Bulletin » - à son histoire à rebondissements.

Histoire : un renouvellement de la typographie royale

Après l'abandon du Didot millimétrique et le rejet du Jacquemin, un Didot gras adapté au goût anglais, il fut jugé nécessaire de renouveler la typographie de l'Imprimerie royale.

En 1824, une commission fut instituée autour du baron de Villebois, administrateur de l'Établissement, pour déterminer les formes et suivre les détails de gravure des nouveaux types, dont l'exécution fut confiée à Marcellin Legrand. Les vœux de l'administrateur étaient modestes : il désirait une simple amélioration du Didot, dont, à titre d'exemple, un spécimen était remis aux membres de la commission.

Le 26 mars 1825, Marcellin Legrand signait pour la gravure de quinze corps de caractères romains et italiques de 4 à 24 points, puis en 1827, d'un seizième corps de 28 points auxquels il faut ajouter les initiales réalisées quelques années plus tard, en 1844.

Ces caractères furent baptisés « Types de Charles X » et reçurent de nombreux éloges parmi lesquels ceux de ce correcteur : « Netteté, précision, élégance, ces trois qualités de rigueur le distinguent d'une manière remarquable, et grâce à ce juste milieu observé par l'artiste entre l'obésité et la maigreur, je ne sache aucune lettre, dans toute la série de ces types, où il y eût à regraisser ou alléger des pleins qui fussent trop légers ou trop lourds. »

 

Utilisation : des ouvrages savants à la monotype

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En principe, les Marcellin Legrand ou Types de Charles X devaient être réservés à l'édition des ouvrages savants. Ainsi le premier livre imprimé avec ces types fut les Monuments inédits d'antiquité figurée, grecque, étrusque et romaine, de Raoul Rochette, membre de l'Institut.

En 1847, les Types de Charles X furent cependant considérés comme désuets et Marcellin Legrand, qui avait reçu le titre officiel de graveur de l'Imprimerie royale, fut chargé de renouveler ses propres types. De là leur nom de « Marcellin Legrand nouvelle gravure ».

La modification principale porte sur la largeur d'œil, qui est réduite, faisant paraître les signes plus légers. La série s'étend du corps 5 au corps 28, avec comme particularité, un petit trait fin et horizontal, en haut et à droite de la panse du « g », ainsi qu'un dessin modifié du « y », l'italique présentant une forme différente pour le « g », le « m », le « p » et le « y ».

Une autre variété du Marcellin porte le nom de « Bulletin ».
Ce caractère transposé en monotype a été utilisé jusqu'en 1950, où il fut remplacé par le Bodoni monotype.

 

Famille de caractères : les didones

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Le nom de cette famille fait référence à deux créateurs et à leurs œuvres : Didot et Bodoni, dont la contraction des noms a donné didones.
La venue des didones est inséparable des révolutions politiques provoquées par l'avènement de l'Empire. Cependant, les premières tentatives de réforme de la typographie sont en germe dans les caractères de la fin du XVIIIe siècle, en particulier dans les recherches de Baskerville, en Angleterre, et de Fournier, en France. 1789 ne fit donc qu'accélérer une volonté antérieure.
À l'époque de la création du Didot, une réforme de la typographie officielle était de toute façon indispensable : pouvait-on en effet imaginer typographier pour l'empereur comme on le fit pour les rois Louis XV et Louis XVI ? Il importa donc d'imaginer la typographie de l'Empire, révélatrice des préoccupations de l'époque nouvelle et de ses évolutions de style : stricte, intellectuelle, logique, et respectueuse du Canon, ainsi que la décrit Maximilien Vox.

L'apparition du Didot fut avant tout permise par les progrès de la technique de la gravure du poinçon typographique alors utilisée depuis trois cent ans. La maîtrise de la typographie au plomb, associée à l'amélioration des techniques d'impression, autorisa, sans trop de difficultés techniques, l'usage d'une lettre caractéristique par ses jeux de graisses et de contrastes entre déliés et pleins, promesse de la rigueur des graphismes nouveaux.
Comme toujours dans l'évolution des écritures, l'esprit du temps est fortement présent dans les graphismes, l'écriture et la typographie. L'élaboration du Code Civil, qui tendit à organiser la société française, induisit en typographie l'avènement d'un rythme particulier extrêmement régulier : le Didot, adopté sous l'Empire, puis sous la Restauration, s'étendit rapidement aux démocraties du monde entier par l'épurement de ses formes et l'autorité naturelle qui se dégage de son graphisme fait de formes pures, d'intersections de lignes se croisant à angle droit, de pleins et de déliés fortement opposés.

Les didones font apparaître une lettre rigoureuse et statique dont l'architecture générale rappelle l'organisation apprêtée du Grandjean. C'est-à-dire monumentale rigide et portée à la symétrie pour certains éléments. L'alternance régulière des parties blanches ou légères de la lettre avec les parties pleines ou noires donne à ces types leur cadence, leur rythme. Le style de cette typographie, contrairement aux typographies proches des écritures manuscrites, est à axe vertical et emprunt de grandeur statique.

Aisément reconnaissable à la finesse de ses empattements, il fut utilisé à l'Imprimerie impériale pour l'impression des Cérémonies du Sacre de Napoléon ainsi que pour l'impression des grands textes de Racine, Boileau, La Fontaine, etc.
Le Didot, caractère adopté par les romantiques pour l'opposition marquée des différentes parties qui le composent, contribua à la propagation de la nouvelle littérature.
Par ailleurs, le XIXe siècle offrit de nouvelles possibilités d'expression à travers la publicité et l'affiche : l'exagération possible des contrastes du caractère Didot permit le passage d'une typographie uniquement liée au texte à une typographie d'avantage liée à la visibilité et au choc optique.

 


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