Times, police de caractères, extrait.

Times


Retour à la page d'accueil d'Affaire Esperluette.
Polices de caractères
  En savoir plus sur la typographie

Consultez dès maintenant notre
bibliographie thématique.

Histoire de l'Ecriture, de la Lettre, du Livre, de la Gravure : ouvrages, colloques, workshop, revues... Des références pour explorer le monde de la Lettre.

Abonnez-vous à notre newsletter
pour constituer chaque mois votre glossaire personnel.

Le vocabulaire des arts graphiques n'aura bientôt
plus de secrets pour vous !


Times

Histoire : commande spéciale
Utilisation : un caractère à tout faire
Famille de caractères : les réales

Le Times, police aujourd'hui universellement utilisée, a été originellement créée par Stanley Morison (1889 - 1967) pour le quotidien britannique The Times. Il a été dessiné pour installer un maximum de signes à la ligne et assurer une lisibilité suffisante malgré un papier journal médiocre et une technique monotype et linotype ne permettant pas, à l'opposé de la fonderie traditionnelle, de produire une qualité irréprochable.

Histoire : commande spéciale

Stanley Morison, le dessinateur du Times, est né en 1889 à Wanstead, en Angleterre où il mourut à 78 ans. Typographe et concepteur de polices, Morison fut incarcéré de 1914 à 1918 comme objecteur de conscience, fait remarquable pour le créateur d'une police de caractères conçue pour le plus consensuel des journaux britanniques !

D'abord employé chez Pelican Press de 1919 à 1921, puis chez Cloister Press à Manchester de 1921 à 1923, il fut le coéditeur de la revue The Fleuron avec Holbrook Jackson, Francis Meynell, B.H. Newdigate et Oliver Simon, de 1923 à 1930.
Conseiller typographique de la Monotype Corporation de 1923 à 1967, il réalisa en parallèle des maquettes et des couvertures de livres pour les éditions Victor Gollanczg, travailla pour la Cambridge University Press et fut surtout conseiller typographique du quotidien The Times, de 1929 à 1960, pour lequel il conçut spécialement une police. C'est ainsi que le 3 octobre 1932 parut la première édition de The Times composée en Times New Roman.

Un second personnage intervint plus récemment dans l'histoire du Times. Ron Carpenter, dessinateur de polices anglais, dessina et compléta pour Monotype les fontes du Times en 1984, version destinée au Livre et portant le nom de « Times New Roman ».

 

Utilisation : un caractère à tout faire

haut de la page

Originellement destiné à la typographie du journal The Times, ce caractère rencontra immédiatement un succès foudroyant et international, mais il devint aussi rapidement un caractère à tout faire.

Il est par exemple employé pour le Livre où il ne devrait pas vraiment avoir sa place, le Times ayant été dessiné à l'origine pour la presse dont la qualité médiocre de papier et d'impression constituèrent des éléments primordiaux de sa conception.

Livré et adapté pour tous les systèmes de composition actuels, il répond toujours, tant bien que mal, à des exigences de typographie généraliste de qualité moyenne. C'est le caractère type des indécis économes et des administrations où sous couvert de pseudo-gratuité, on adopte une typographie faute de disposer des connaissances nécessaires à un choix justifié.

 

Famille de caractères : les réales

haut de la page

Cette famille ne comporte presque exclusivement que le caractère Romain du roi ou Grandjean. À la commande de Louis XIV et dans l'atmosphère de l'esprit moderne qui préside aux grandes disciplines du XVIIe siècle, un nouveau caractère susceptible de remplacer le Garamont, dont la création remonte au règne de François 1er, fut créé pour répondre aux nouveaux besoins de perfection des imprimeurs face à la qualité des ouvrages produits à l'étranger, notamment dans les pays du Nord de l'Europe. L'absolue beauté du Romain du roi se devait de surpasser la qualité des productions hollandaises de l'Imprimerie Plantin à Anvers et de rayonner sur toute l'Europe, à l'instar de son mentor.

Ce défi fut confié au graveur Philippe Grandjean qui s'inspira de l'étude imposée de l'Abbé Jaugeon dont les travaux, concrétisés par des dessins, ne furent pas précisément suivis. Cependant, Grandjean s'y référa fortement pour graver vingt et un corps complets de caractères et trente - quatre corps d'initiales.

À l'image de l'architecture du palais de Versailles, les travaux de Jaugeon font apparaître une grande rigueur dans la construction de chaque signe : la lettre d'imprimerie, jusque - là construite sur des fondements manuscrits et calligraphiques, se trouve précisément dessinée avec règle et compas dans des carrés divisés en 2304 carrés. Emprisonnée de la sorte dans une cage plus que contraignante, la lettre semble refléter les exigences d'un règne codifié à l'extrême : le Romain du roi répond à près d'un siècle d'absolutisme.

Heureusement, les travaux de gravure de Grandjean adaptent intelligemment ces règles nouvelles parfois impossible à respecter sans outrager celles, fondamentales, de l'œil et de l'équilibre des formes, de sorte que ce caractère si marquant de son époque constitue la référence d'une bonne part de la typographie moderne : les Baskerville, Didot, et autres Bodoni lui doivent beaucoup.

Haut de page

 

© AE, 2003