Walbaum, police de caractères, extrait.

Walbaum


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Walbaum

Histoire : un caractère presque familial
Utilisation : grandeur et majesté
Famille de caractères : les didones

Le Walbaum est un caractère fort bien dessiné. C'est une didone typique qui convient particulièrement bien aux textes emprunts de grandeur et majesté.

Histoire : un caractère presque familial

Le Walbaum synthétise le destin d'un typographe allemand du 18e siècle, celle de Justus Erich Walbaum. Né en 1768 à Steinlah, J.E. Walbaum suivit d'abord un apprentissage de pâtisserie et d'épicerie avant de recevoir une formation de tailleur de types et de notes qui lui permit d'assurer la taille, la gravure et la fonte de médailles commémoratives jusqu'à ce jour de 1796 où il acheta la fonderie de caractères de l'imprimeur Ernst Wilhelm Kircher à Goslar.

Il déménagea la fonderie de caractères à Weimar en 1803, puis la légua à son fils en 1828. Malheureusement, ce dernier mourut d'un accident deux années plus tard, obligeant son père à reprendre l'exploitation de la société et à abandonner l'idée d'une dynastie de fondeurs Walbaum.
En 1836, il céda sa fonderie à F. A. Brockhaus de Leipzig et mourut l'année suivante, à Weimar.
En 1918, une partie de la fonderie de caractéres Walbaum, ainsi que les matrices, fut vendue à la H. Berthold AG de Berlin.

 

Utilisation : grandeur et majesté

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La rigueur et le sentiment qui s'en dégage font que ce type de caractère doit être réservé à des textes emprunts de grandeur et de majesté. Des textes à lire calmement, en rythme, comme l'est la répartition entre les pleins et les déliés, scandés tout au long de la ligne.


Famille de caractères : les didones

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Le nom de cette famille fait référence à deux créateurs et à leurs œuvres : Didot et Bodoni, dont la contraction des noms a donné didones.
La venue des didones est inséparable des révolutions politiques provoquées par l'avènement de l'Empire. Cependant, les premières tentatives de réforme de la typographie sont en germe dans les caractères de la fin du XVIIIe siècle, en particulier dans les recherches de Baskerville, en Angleterre, et de Fournier, en France. 1789 ne fit donc qu'accélérer une volonté antérieure.
À l'époque de la création du Didot, une réforme de la typographie officielle était de toute façon indispensable : pouvait-on en effet imaginer typographier pour l'empereur comme on le fit pour les rois Louis XV et Louis XVI ? Il importa donc d'imaginer la typographie de l'Empire, révélatrice des préoccupations de l'époque nouvelle et de ses évolutions de style : stricte, intellectuelle, logique, et respectueuse du Canon, ainsi que la décrit Maximilien Vox.

L'apparition du Didot fut avant tout permise par les progrès de la technique de la gravure du poinçon typographique alors utilisée depuis trois cent ans. La maîtrise de la typographie au plomb, associée à l'amélioration des techniques d'impression, autorisa, sans trop de difficultés techniques, l'usage d'une lettre caractéristique par ses jeux de graisses et de contrastes entre déliés et pleins, promesse de la rigueur des graphismes nouveaux.
Comme toujours dans l'évolution des écritures, l'esprit du temps est fortement présent dans les graphismes, l'écriture et la typographie. L'élaboration du Code Civil, qui tendit à organiser la société française, induisit en typographie l'avènement d'un rythme particulier extrêmement régulier : le Didot, adopté sous l'Empire, puis sous la Restauration, s'étendit rapidement aux démocraties du monde entier par l'épurement de ses formes et l'autorité naturelle qui se dégage de son graphisme fait de formes pures, d'intersections de lignes se croisant à angle droit, de pleins et de déliés fortement opposés.

Les didones font apparaître une lettre rigoureuse et statique dont l'architecture générale rappelle l'organisation apprêtée du Grandjean. C'est-à-dire monumentale rigide et portée à la symétrie pour certains éléments. L'alternance régulière des parties blanches ou légères de la lettre avec les parties pleines ou noires donne à ces types leur cadence, leur rythme. Le style de cette typographie, contrairement aux typographies proches des écritures manuscrites, est à axe vertical et emprunt de grandeur statique.

Aisément reconnaissable à la finesse de ses empattements, il fut utilisé à l'Imprimerie impériale pour l'impression des Cérémonies du Sacre de Napoléon ainsi que pour l'impression des grands textes de Racine, Boileau, La Fontaine, etc.
Le Didot, caractère adopté par les romantiques pour l'opposition marquée des différentes parties qui le composent, contribua à la propagation de la nouvelle littérature.
Par ailleurs, le XIXe siècle offrit de nouvelles possibilités d'expression à travers la publicité et l'affiche : l'exagération possible des contrastes du caractère Didot permit le passage d'une typographie uniquement liée au texte à une typographie d'avantage liée à la visibilité et au choc optique.

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